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Femme d’aujourd’hui, ici et d’ailleurs, mais femme d’abord

 

Ayant eu un parcours universitaire en sciences sociales et en tant qu'artiste en art visuel, il est important pour moi de m'exprimer et de prendre position sur des sujets qui me touchent. La cause des femmes m'interpelle. Je suis solidaire à toutes ces femmes qui luttent afin de s’approprier leur propre féminité. Ses femmes se battent encore et toujours pour égaliser le statut de l'autre sexe.  

 

Pour les femmes d'ici et les femmes d'ailleurs, malgré l'évolution du statut de la femme des dernières décennies, le problème d’inégalité demeure. Pour moi, l’héritage culturel religieux est le principal obstacle à la parité des sexes. L’on considère à tort la femme comme un outil essentiel pour faire perpétuer la croyance. Il lui faut sans cesse tenter de s’affranchir d’un idéal patriarcal qui lui est imposé et qui est parfois issu d'interprétation et d'instrumentalisation des textes fondateurs des grandes religions monothéistes. Cette symbolique est lourde à porter. En prenant appui sur la hiérarchie des grandes religions, il est rare d’y voir la femme au premier plan et elle est plutôt occultée.  

 

Bien affalée dans mon fauteuil, j’écoute le discours de ces femmes aux poitrines nues, tatouées du message s’opposant à la démagogie de l’Église, comme du discours cru de féministes. Elles expriment haut et fort le sentiment de millions de femmes qui luttent quotidiennement pour tenter d’égaliser le statut des hommes. Le groupe d’Ukrainiennes très controversé appelé les femens, s'est regroupé pour sensibiliser la société à cette injustice. Elles s'impliquent sur plusieurs sujets, notamment la démocratie, l'avortement, la prostitution et l'influence des religions dans la société. Alors qu’elles refusent d'accepter l’inacceptable, la voie de la provocation est-elle une voie acceptable ? Leurs poitrines servent d'armes et d'outils de propagande pour provoquer l’éveil de la presse. 

 

Que peut-on faire pour renverser cette doctrine enracinée depuis si longtemps ? Mon intention en peignant une femme sur le crucifix n’est pas de pointer une religion plutôt qu’une autre. Elle n’est pas de simplement perturber le regard des gens, mais plutôt de provoquer une vague de questionnement sur le statut réel de la femme dans la société. « On ne naît pas une femme, on le devient ». Cette citation de Simone de Beauvoir, pionnière du féminisme, est en lien direct avec ma démarche. Mon propre parcours de pensées se base sur la reconnaissance de la place du sexe féminin dans la vie d’aujourd’hui. A-t-elle évoluée depuis l’époque de Simone de Beauvoir ? Est-il possible que la femme ne soit plus considérée comme une femme, mais plutôt comme un individu à même titre que l’individu masculin ? Le combat pour la place des femmes est une lutte à mener contre des traditions bien ancrées par la religion. Cela mérite de continuer le débat de société. 

 

De par mes couleurs contrastées, les textures, les moulages et la nudité choquante sur un objet symbolique représentant la religion, je veux engendrer un questionnement, réfléchir au-delà des seins nus et prendre position. Je veux provoquer une nouvelle ouverture sur le débat ; la femme dit-elle encore lutter contre l'appropriation de son identité?

 

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